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Le Blog

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Le 5 décembre 2018 à 15:24

Le millésime bordelais 2018 : l’année miraculeuse

Cette année fût haute en couleur pour les vignerons bordelais. Après le gel historique du printemps 2017, qui avait entraîné une chute de 39% de la récolte, les vins de Bordeaux devraient cette année, marquer l’histoire. L’heure est au bilan !



Plus de peur que de mal


Le printemps s’est découvert sous des averses de grêles surprenantes, qui n’étaient de bon augure pour personne. Sous la pression du mildiou (champignon redoutable pour les raisins) particulièrement virulent, les récoltes s’annonçaient catastrophiques et le moral des vignerons était au plus bas. Peu de parcelles en sont ressortis indemnes et des pertes considérables étaient déjà envisagées…


Et pourtant, tout a plutôt bien fini ! L’été a fini par pointer le bout de son nez mi-juillet et le fort taux d’ensoleillement, avec des nuits fraîches en parallèle, a recréé une grande vague d’espoir. Cette période a marqué un tournant pour le millésime et la maturation des baies a finalement pu se faire dans d’excellentes conditions. Après un début d’automne magnifique, les vendanges furent globalement un succès : en qualité autant qu’en quantité ! Finalement, seulement 10% du vignoble bordelais a été victime des conditions climatiques dramatiques du printemps ; pour tout le reste, tous les critères d’un grand millésime sont au rendez-vous.


2018 : petite sœur de 2015 ?


Des bourgeons tardifs, l’une des floraisons les plus précoces et rapides du siècle, une véraison début août … Comme un air de déjà vu ? Tout cela nous rappelle 2015 et nous annonce un millésime très prometteur. Les grappes sont fruitées, les jus seront probablement bien structurés et équilibrés : de belles cuvées de caractère et atypiques vont pouvoir naître. Il ne restera plus qu’à laisser place à la dégustation pour en avoir le cœur net mais préparez vos palais à goûter de bons vins !


Intéressé par les vins de Bordeaux ? Découvrez nos cours Grands Crus de Bordeaux ou Secrets de Bordeaux, ou abonnez-vous à notre box vin My VitiBox.


 

Le 7 octobre 2018 à 10:07

Les secrets du Vin Bleu dévoilés

Après le vin blanc, rouge, rosé, voici que débarque le vin bleu !


 


Depuis quelques semaines, le petit monde du vin est en ébullition : un nouveau vin serait apparu, le vin bleu ou « Vindigo ». Alors forcément, chez Prodégustation, cela nous a intrigué et nous avons voulu mener notre enquête pour comprendre ce qu’il y avait derrière ce vin bleu. Commande passée sur internet, et vin bleu réceptionné dans notre boite aux lettres : on va pouvoir déguster cela avec notre chère méthode de dégustation VOG et s’en faire notre idée !


Mais avant toute chose, quelle est son origine ?


Les commerçants nous assurent que cette surprenante robe bleu turquoise est naturelle, mais entendons-nous, un vin n'est pas naturellement bleu. Fabriqué dans le sud de l'Espagne et commercialisé en France dans la petite ville de Sète, le vin bleu a été créé par un petit groupe d'entrepreneurs qui souhaitait révolutionner le secteur du vin et lui apporter une touche d'innovation colorée. En cherchant bien, le vin bleu existe en réalité depuis longtemps sous le nom d’Imajyne, un vin produit en Corse depuis le XIXe siècle.


100% naturel ou 100% marketing ?


Alors quel est son secret ? La boisson est en fait à base de cépage chardonnay, mais on rajoute au mout des peaux de raisin rouge : on laisse donc macérer un cépage blanc (le chardonnay) avec des peaux des raisins rouges. Cette peau contient des anthocyanes, à l'origine de la couleur du liquide. Néanmoins, le magazine Science et Vie souligne très justement que cette molécule ne devient rouge seulement à partir d’un pH supérieur à 7. Or le pH du vin est compris entre 3 et 4. D’où cette jolie couleur bleue.


Une dégustation bleue, blanc, rouge


L'équipe de Prodégustation a testé pour vous ce fameux vin bleu. Notre première impression fût qu’il avait un étrange goût de mélange entre un Chardonnnay et un rosé. Il est acide, légèrement tartrique et court en bouche. Le taux d’alcool est assez faible. Il a néanmoins le mérite d’être bien acidulé, original et presque drôle ! Vindigo reste mystérieux et nous conseillons aux grands curieux de le tester pour s’en faire leur propre idée !

Le 27 septembre 2018 à 11:44

Les secrets de l'élaboration du Whisky

Le whisky est le spiritueux par excellence. La diversité de ses styles, la complexité de ses goûts et de ses arômes l’entourent de mystères. La légende raconte qu’au Moyen Âge apparaît dans les monastères d’Irlande une boisson appelée uisge beatha, « L’eau de Feu » en gaélique. Au XIIe siècle, les armées anglaises envahissent l’Irlande et se convertissent facilement à ce nouveau breuvage à base d’herbe et de miel. Ainsi, le traditionnel uisge se transforme petit à petit en « whisky » au vu de la complexité de prononciation.


L’équipe de Prodégustation vous livre aujourd’hui les secrets de l’élaboration du whisky, de la graine d’orge à sa mise en bouteille ! Lumière sur la fabrication d’un produit prestigieux, authentique et singulier.



 Le maltage : de la graine à la farine


Le whisky est une eau-de-vie élaborée à partir de céréales fermentées. Tout d’abord, le distillateur humidifie l’orge pendant 6 à 12 jours pour provoquer sa germination. L’opération a pour but de libérer l’amidon contenu dans le grain, qui sera par la suite transformée lors du brassage. Pour mettre fin au maltage, les distilleurs chauffent, séchent puis broient les céréales afin d’obtenir ce qu’on apparenterait à de la farine, grossièrement appelé le « grist ». Dans la campagne, on reconnaît souvent une malterie à ses trois petits toits arrondis au-dessus de la cheminée d’aération.


Lorsque vous entendez dans les bars : « un whisky bien tourbé, s’il vous plaît », sachez que l’origine de cette expression est précisément issue de cette étape de fabrication ! La tourbe est un combustible qui s’accumule dans de vaste étendu que l’on appelle « tourbières ». Elle est utilisée pour sécher l’orge, son odeur caractéristique parfume le malt et reste fixée au-delà de la distillation.


Le brassage : de la farine au sucre


Le grist est mélangé dans trois quart d’eau chaude, provenant exclusivement de la source de la distillerie. En effet, l’eau doit être très riche en sels minéraux pour retenir l’amidon ; on dit d’ailleurs que les sources souterraines filtrés par la tourbe fournissent une eau idéale. Direction la cuve de brassage où commence l’opération : après quelques heures l’amidon se transforme en sucre puis est filtré. Cette étape est primordiale car elle joue beaucoup sur la saveur qu’aura le whisky. On obtient alors un mélange appelé « moût ».


La fermentation : du sucre à l’alcool


Des levures nécessaires pour transformer le sucre en alcool sont ajoutés à la mixture et reposent environ 48 heures. Le liquide obtenu ressemble à de la bière chaude, déjà alcoolisé à environ 8°.


La distillation : l’extraction de l’alcool


La distillation est l’étape de transformation des céréales broyées et fermentées en alcool à fort degré. Le principe est simple : comme l’alcool est plus léger que l’eau, on soumet le mélange à une chaleur suffisante pour que l’alcool se dégage sous forme de gaz. Les vapeurs sont ensuite récupérées, repassées à l’état liquide puis refroidies. Une fois condensées, elles produisent un distillat qui titre 28%.


Dans un deuxième temps le liquide est épuré en plusieurs phases complémentaires et lorsqu’il devient clair et parfumé, alcoolisé à 68°, le distillateur le mets en fûts. Chaque distillerie dispose de cuves de distillations particulières et leur forme influe sur la formation des arômes.



Le vieillissement : « la part des anges »


Lumière tamisée et fûts parfaitement alignés en rangées, pénétrer dans un chai permet de se rendre compte des mystères du whisky. Ce clair-obscur accompagne la phase d’évaporation de l’alcool au-travers du tonneau et la disparition d’une partie du breuvage. Cette étape est joliment appelée « la part des ange » : en fait, on imagine que des êtres effervescents ont gouté au whisky et se sont servis !


Une chose est sûre : le climat joue un rôle essentiel et accompagne le vieillissement du spiritueux. Même si on ne contrôle pas ses effets, on sait que l’évolution du whisky sera plus lente sous un climat humide que sous un climat sec. L’iode, le sel et les embruns marins typiques de l’Ile d’Islay en Ecosse en sont  la parfaite illustration. Sous l’action de l’air qui s’infiltre par les pores du bois, l’alcool subit une lente oxydation qui contribue à modifier la couleur, les arômes et le goût du futur whisky.


C’est la dégustation régulière des fûts qui permet de juger du moment opportun pour la mise en bouteille. Dans un fût de de bourbon de 200 litres (c’est le plus utilisé) par exemple, au bout de 2 ans il ne reste dedans plus que 175 litres et le taux d’alcool sera passé d’environ 68° à 58°.


Si vous souhaitez devenir un pro de la dégustation et connaître les secrets et le jargon mystérieux employé pour la description d’un whisky inscrivez-vous à l’un de nos cours « BA-BA du whisky » à Paris ou Lyon. Le monde des spiritueux repose sur une transcription rigoureuse des sensations à la fois propres à chacun et résultat d’une analyse visuel, aromatique et gustative particulière. Alors, prêt à commander « un whisky bien tourbé, s’il vous plaît » en partageant un stage oenologie convivial et passionnant ?

Le 18 mai 2018 à 15:53

5 idées reçues sur le vin : Vrai ou Faux ?

 



  1. Fromage = vin rouge


FAUX


On dit souvent que le vin rouge s’accorde très bien avec le fromage. En réalité, les tanins des vins rouges et le fromage font rarement bon ménage et un arrière-gout métallique peut se dégager lorsqu’on accorde les deux. Beaucoup d’œnologues et de sommeliers considèrent que la plupart des fromages sont plus adaptés aux vins blancs secs. Un fromage de chèvre est ainsi idéal avec un sauvignon de Loire par exemple.



  1. Un bon vin est forcément cher


FAUX


L’histoire du vin regorge d’anecdotes où de grands crus prestigieux sont battus par de jolis vins à petits prix lors de dégustations à l’aveugle. Ainsi  de cette dégustation à l’aveugle organisée par François Mauss où le Château de Reignac, vendu à 14,90€ avait nettement surpassé Pétrus vendu à plus de 1500€ la bouteille.



  1. « Blanc sur rouge, rien ne bouge, rouge sur blanc, tout fout l’camp »


FAUX


On a tous déjà entendu ce dicton qui dit que nous devrions toujours boire le vin blanc avant le rouge… Ce n’est pourtant pas toujours vrai et il est parfois nécessaire de déroger à cet ordre de service des vins!


Ce qui importe en réalité, c’est la puissance et la charpente du vin : lors d’un repas, il faut servir les vins les plus légers d’abord, et les vins les plus robustes ensuite (oui, certains vins rouges peuvent être plus légers et moins puissants que des blancs…).



  1. Un vin se conserve obligatoirement couché  


VRAI


Tout dépend en fait du bouchon… En effet, cette technique de conservation du vin est valable pour tous les vins avec bouchon en liège. Contrairement à une idée répandue, l’air doit rester à l’extérieur de la bouteille et seulement une infime quantité d’air doit s’infiltrer dans le vin : c’est ce qu’on appelle la micro-oxygénation. Coucher la bouteille permet au bouchon de rester humecté en permanence et d’éviter au maximum à l’air d’entrer dans celle-ci.


A l’inverse, des bouteilles fermées à vis se conservent debout sans problème !



  1. Bouchon à vis : vin de mauvaise qualité ?


FAUX


Le bouchon en liège possède des propriétés naturelles qui permettent une évolution optimale du vin dans le temps, grâce à sa perméabilité qui laisse passer un tout petit peu d’air et produit un échange gazeux favorable au bon vieillissement du vin. On parle de micro-oxygénation.


Mais certains grands vins, comme les Chablis par exemple, n’ont pas besoin de micro-oxygénation car cela risquerait de nuire à leur minéralité et leur vivacité en créant une très légère oxydation du vin. C’est pourquoi le Domaine Laroche à Chablis a pendant longtemps bouché ses Grands Crus avec des capsules à vis plutôt que des bouchons de liège.


 

Le 18 mai 2018 à 15:08

Pourquoi les grands crus sont-ils si chers ?

château d'yquem 


 


Si le nouveau monde concurrence de plus en plus fortement de nombreux vins français, il est un domaine auquel ceux-ci ont du mal à s’attaquer : celui des grands crus. Bien sûr, il existe dans tous les pays des vins au niveau de prix de nos Grands Crus, mais cela reste anecdotique face à la quantité de vins hauts de gamme produits en France. Alors pourquoi de tels prix ?


 


La notion de Grand Cru existe principalement dans deux régions viticoles : Bordeaux et la Bourgogne. En Bourgogne, c’est dès le 11ème Siècle que les moines ont commencé à distinguer les meilleures parcelles des autres. A Bordeaux en revanche, la dénomination Grand Cru fut instaurée en 1855 et compte 61 châteaux, classés de Premier à Cinquième Grand Cru. Dans les deux cas, ce qu’il faut savoir est que pour mériter ce titre de Grand Cru, la production du vin doit respecter plusieurs règles de culture très précises : une origine géographique strictement encadrée, la taille de la vigne, le mode de récolte du raisin, les durées moyennes d’élevage du vin, etc. Et tout cela a bien sûr un coût important comparé aux vins plus ordinaires !


Malgré cela, il faut savoir que le coût moyen de production d’une telle bouteille du cep de vigne à la bouteille, en passant par les vendanges, l’élevage, ainsi que le prix du verre et du bouchon lors de l’embouteillage dépasse rarement les 20 euros, mêmes pour les plus grands vins. S’ajoutent à cela des frais d’installation (les barriques dans lesquelles le vin vieillit), des frais de sécurité et les frais de fonctionnement de l’entreprise (entretien, marketing, etc). Ensuite, il faut prendre en compte les frais de foncier à amortir, et pas des moindres, qui représentent en fait le loyer du domaine et peuvent être parfois très élevés pour les grands domaines. On arrive donc à un total de coût de production qui avoisine bien souvent les 40 euros pour une bouteille.


 


Mais alors, pourquoi des bouteilles à plus de 1000 euros ?


 


Cela s’explique  d’abord bien sûr par l’effet rareté. Ces bouteilles sont finalement produites en quantité réduite ce qui permet aux propriétés de les vendre largement plus chères que les couts de revient.


Ensuite, un effet d’ostentation assez clair pousse les gens qui en ont les moyens à se faire concurrence pour acheter ces vins, ce qui augmente encore les prix, d’autant plus que le nombre de gens jouant à ce jeu-là a explosé depuis le décollage économique de l’Asie (notamment la Chine) dans les années 2000. Donc 10 fois plus de riches pour toujours autant de vin = des prix qui s’envolent ! A titre d’exemple, le prix d’une bouteille de Pétrus ne dépassait pas 50% du salaire médian lors de sa mise sur le marché dans les années 80, alors que celui-ci lui est désormais entre 1,8 et 6 fois supérieur suivant les millésimes.


Enfin, les intermédiaires (courtiers, négociants…) et distributeurs ajoutent bien sûr leur marge. Malgré cela, ce n’est pas tellement de ce côté-là qu’il faut chercher.  En effet, ces vins très célèbres constituent des produits d’appels pour les distributeurs haut de gamme qui se mènent une concurrence assez rude pour attirer une clientèle fortunée et margent donc généralement moins sur ces vins-là, d’autant plus que les coûts pour acheminer, conserver, manipuler et livrer des flacons aussi précieux sont souvent élevés.


 


Amateurs de grands vins, vous rêvez de déguster des grands crus ? Les cours d’œnologie Les Grands Crus de Bordeaux ou Les Grands Crus de Bourgogne sont faits pour vous !